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Indonésie - Bali


de Poncho, 01-07-2006

L'Indo, suite et fin a Bali


Oui, l'Asie m'aspire, et pour un temps m'a tenu eloignee des pages de blog que je n'avais plus trop envie d'ecrire mais j'y reviens, et je commence par les presentations d'usage...
L'indonesie: un archipel compose de plus de 17000 iles qui s'etirent sur plus de 5000 kiloms de part et d'autre de l'equateur, avec une belle guirlande de volcans et de montagnes verdoyantes, une grande diversite humaine, de visages, de cultures, et des rizieres un peu partout et de toutes formes: parcelles planes en gradins ou non, sinusoidales, inondees ou en cultures seches. Le riz est l'aliment de base, une culture omnipresente dans les paysages qu'elle faconne minutieusement, laborieusement, et qui rythme la vie des populations sur une majorite des iles indonesiennes.
Je commence mon trajet indonesien par un gros morceau rustique, Sumatra. Belle, sauvage, musulmane, polluee dans ses villes, recouverte de jungle dense mais souvent trouee et saignee par une exploitation forestiere souvent sans pitie et anarchique, Sumatra est aussi multi-ethniques, a plusieurs facettes et elle sait seduire, elle sait etre detestable aussi... Ses villes sont oppressantes, certains indonesiens se montrent parfois extremement insistants et Medan est sans doute la pire ville que je connaisse et ...c'est mon point d'entree en Indo !
Medan, premiere etape en Indonesie apres avoir quitte la Malaisie et traverse le detroit de Malacca. Ce n'est pas la caravelle de Diego Lopes de Sequeira qu'il faut esperer croiser dans ces eaux de la route des epices mais plutot d'enormes containers dont on prefere ignorer la couleur -rouille- et dont on voudrait bien oublier aussi les petits trucs -bois, polystyrene, plastiques- qui flottent ca et la dans ce detroit mythique...
Un pied sur Sumatra, j'oublie vite Medan et me voila dans la jungle...
En route pour Ketambe, pour un trek de plusieurs jours dans la jungle dans la province d'Aceh, une region sensible en proie depuis des annees a des troubles, de veritables conflits armes a vrai dire, entre les mouvements independantistes et les forces gouvernementales de Jakarta...
Aceh est l’une des provinces les plus riches et les plus rentables de l’archipel puisque son sous-sol contient environ 70% du petrole indo, l'indonesie etant le premier exportateur de pétrole du Sud-Est asiatique, mais seul un faible pourcentage, environ 10%, revient a la province apres exploitation... d'ou un fort sentiment de spoliation qui vient s'ajouter a des annees de tensions entre la province et le gouvernement central.
Pour ces raisons, Aceh a ete fermee au tourisme pendant ces dernieres annees et elle n'a ete reouverte que depuis peu -decembre 2005- mais elle reste soumise a un controle permanent. Un controle officiel, mais les trois quart du temps visiblement officieux... il est frequent que la route soit barree et le trafic ranconne, les sacs ouverts, fouilles. C'est suprenant et tres clair une fois qu'on a depasse Kutacane.
A cause des tensions a Aceh, puis des effets collateraux du tsunami de 2004 et du terrorisme a Bali, les touristes sont devenus rares a Sumatra, et vers Ketambe, les backpackers se comptent sur les doigts d'une seule main... Pendant pas mal de jours, je n'ai croise aucun occidental et du coup, potasse comme jamais le bahasa indonesia. La langue est facile d'apprentissage, on fait rapidement des phrases, ce qui rapproche considerablement de la vie locale, un aspect non negligeable puisqu'il m'avait un peu frustree dans les precedents pays.
Quant au trek dans la jungle, il tient ses promesses de vie intense et difficile; en groupe restreint de 3 personnes, nous voila partis des le premier jour a la recherche des orangs-outans, une espece assez frequente dans ce coin et qu'on peut reperer -selon le guide- a l'odeur (euh...qui est forte !!). Des le premier jour, on a ainsi vu une femelle et son petit tranquillement assis au sommet d'un arbre. Au bout de 2 jours, faut avouer que c'est plutot nous qui sentions l'orang-outan... On a du brouiller les pistes puisqu'on en a plus du tout vus par la suite. Il faut s'armer de patience et affuter son oeil pour apercevoir d'autres animaux dans leur habitat naturel; la plupart reniflent les hommes de tres loin et s'enfuient (ce que je peux comprendre au bout du 2e jour!) et puis sans guide, je crois que c'est bien difficile de reperer les animaux. Les plus notables sont les serpents, les insectes poilus en tout genre et de toutes couleurs, des daims, des singes comme le fameux Thomas Leaf dont les moustaches ont du un jour inspirer Salvatore Dali, et puis il y a le hornbill !! Le grand oiseau noir avec un enorme bec jaune surmonte d'une espece de corne comme un rhinoceros... J'etais tres contente d'en voir enfin a l'etat sauvage ! Ce qui est etonnant, c'est que quand le hornbill crie, on jurerait entendre un gibbon... Un oiseau qui crie comme un singe, ce n'est pas commun et j'avoue que les OU-OU suivis de A-A-A hyper sonores sortis du grand bec du hornbill sont plutot amusants. Ce qui n'est pas le cas des omnipresentes sangsues... qui s'accrochent sous les semelles et qui remontent d'abord sur les pompes, puis partout sur le corps pour draculer... pas tres ragoutant tout ca...
Cette bestiole me rendait a moitie histerique au debut, surtout quand il fallait la deventouser une fois qu'elle s'etait deja a moitie gavee de sang, mais a la longue, meme avec une sangsue collee dans la nuque a la racine des cheveux, je crois que je m'en foutais... Peut etre parce que marcher dans la jungle demande une attention constante, pas aux bestioles, mais simplement pour savoir ou poser ses pieds, souvent entre des racines, dans des cours d'eau, pour ne pas se prendre les lianes et les branches dans la figure, bref, ca epuise, ca vide...

Apres le trek et la jungle, j'ai repris la route pour regagner Berastagi, une ville dans les montagnes du pays Batak Karo et qu'il faut atteindre en passant de lougues heures dans des bus bondes, dodelinant sur des routes defoncees dans une atmosphere completement enfumee car ici, tous les hommes ou presque fument, et partout. A Berastagi, l'equateur n'est pas tres loin mais les temperatures exterieures sont plus proches des poles... Bye bye les tongs! Place aux chaussettes et a la polaire car on se pele a Sumatra !! Le ciel n'est jamais degage d'epais nuages, mais a certains moments de la journee, les trouees bleues sont d'une intensite presque aveuglante.
Autour de Berastagi, il est possible de visiter quelques de villages traditionnels batak karo a l'architecture unique: de vastes maisons pouvant abriter plus de 8 familles, soit 40 personnes, en suivant une organisation et des regles precises comme le principe de Gotong Royong ou assistance mutuelle, et le maintient du Rukun, esprit de conciliation, plutot necessaire quand on vit a 40 dans une seule et meme maison !
La maison est en bois, toute la structure ainsi que la charpente n'utilise aucun element metallique. Le toit, fortement elance comme une fleche, est vaste et recouvert de chaume. La forme de la maison batak karo reprend une posture de priere animiste, en 3 parties, avec inclinaison des jambes et du buste.

Aujourd'hui si quelques traditions sont conservees, beaucoup de batak karo sont de confession musulmane et peu de familles vivent encore dans ces vastes habitations qui sont donc pour certaines abandonnees au profit de maisons individuelles denuees de charme. Leur entretien necessiterait un investissement considerable que ne peuvent pas se permettre les villageois, plus occupes a une agriculture de subsistance.

Apres le pays Batak Karo, je rejoins plus loin et apres plusieurs heures de bus, le pays Batak Toba, sur l'ile de Samosir exactement, qui trone au centre du lac Toba (Danau Toba). Le lac Toba occupe la caldeira d'un volcan qui s'est ecroule sur lui-meme dans une gigantesque explosion il y a plus de 100 000 ans. Le Danau Toba est l'un des plus grands lacs d'Asie du Sud-Est, sinon 'le' plus grand... en effet, il est impossible d'en saisir visuellement les contours tellement il est immense.
Ici, au sein du pays batak Toba, les traditions sont plus marquees, les habitations traditionnelles sont plus nombreuses et mieux conservees; beaucoup sont encore habitees...
La maison traditionnelle Batak Toba, a l'instar de la maison Batak Karo, peut abriter plusieurs familles mais son architecture est sensiblement differente . Son toit a une arete inclinee avec des extremites pointues en fleches, 2 pans fortement pentus. Si le toit est originellement couvert de chaume, enfin de paille locale, aujourd'hui il est de plus en plus souvent recouvert de tole ondulee, ce qui est evidemment moins charmant mais c'est sans doute la condition necessaire au maintien de ces maisons a l'architecture unique. La facade principale est decoree de linteaux en bois ciseles, souvent peints des 3 couleurs batak toba: noir, rouge et blanc.
Les batak toba etaient reputes pour leur ferocite dans les frequents combats qu'ils menaient contre d'autres tribus, ils collectionnaient les cranes de leurs ennemis et pratiquaient le cannibalisme, qui aurait seulement cesse, soit-disant, au siecle dernier...

Ceci dit, le cannibalisme, c'est vrai, ca impressionne les esprits qui impriment tout de suite ce genre d'histoire et ca garantit toujours une bonne audience. Enfin, si ces pratiques etaient repandues il y a plusieurs siecles, il faut savoir qu'elles etaient devolues a des usages strictement judiciaires. Seule un criminel etait 'mange'. Il etait d'abord juge, torture puis devore par une large assemblee selon des regles strictes.

Les batak toba aujourd'hui christianises semblent bien loin de ces pratiques maintenant, meme si certaines traditions animistes comme la pratique de la magie noire et blanche, la croyance et le culte rendu aux esprits des ancetres restent encore presentes dans plusieurs familles.

Dans le petit village de Tuk Tuk sur l'ile de Samosir ou je reside, les touristes defilent au compte goutte et je suis toujours en plein apprentissage du bahasa indonesia... Je sympathise avec une indonesienne, Tiar, qui me propose de me faire decouvrir -et d'apprendre- la cuisine locale, ce que j'accepte avec enthousiasme, jusqu'a ce que je penetre dans sa cuisine...
Ce soir la, Tiar revient du marche avec 2 poissons encore vivants et que je vois gigoter dans le sac. Elle les pose sur la table et commence a les ecailler... vivants!! Me voila propulsee dans "La Cuisine des Mousquetaires" , a cote de Maite saisissant un gros maillet et qui n'en finit plus d'assommer de pauvres anguilles... La sequence continue avec un depecage des bestioles encore vivantes, que je suis chargee de plonger ensuite dans l'huile bouillante, avec le vague sentiment que Tiar et moi sommes d'affreux bourreaux, mais tout en sachant que ma culpabilite sera completement dissipee une fois que les poissons seront ... dans nos assiettes!
Pour la suite, Tiar me soumet a la corvee d'epluchage d'oignons, pendant qu'elle s'occupe de reduire en puree un petit sac de piments, pas moins de 30 ... et le secret d'une sauce qui dechire!
Plus tard, je resterai diner avec toute la famille, assis a meme le sol sur des nattes de riz tresses, a manger comme il se doit avec les doigts le plat traditionnel batak toba (le poisson aux piments donc !). Ses seances la, pas de cuisine mais de partage d'un repas, d'un cafe ou d'un the, se multiplieront en Indonesie et principalement a Sumatra sitot que les touristes se font rares, ce qui est plutot fabuleux de partager avec des indonesiens autant de generosite et de simplicite. De grands moments.

Apres les pays Batak, j'ai pris un bus pour 18 heures interminables me conduisant au pays Minangkabau, autour de Bukittinggi.
Quelque part sur le trajet, j'ai passe l'equateur, et au degre 0 de latitude j'ai verifie que l'eau de mon lavabo (inexistant a vrai dire, faut pas rever!) ne s'ecoulait pas... et si c'etait vrai?? que l'eau s'ecoule dans un sens a l'hemisphere nord et dans un autre, inverse, dans l'hemisphere sud? Il reste bien un fond de credibilite, une vieille trace de superstition pour esperer dejouer les regles de la physique - mettre a mal les theories sur la force de coriolis, rien que ca!!! et l'experience aussi fantaisiste du lavabo est toujours amusante a mener. Mais, bon, a moins de mettre un pendule de Foucault dans le lavabo et d'observer le sens de sa rotation, l'ecoulement de l'eau dans le syphon est desormais demystifie, snif!

Le pays Minangbakau a aussi ses particularismes architecturaux; une grande maison abritant plusieurs familles, des toitures en fleche et enchevetrees. Les Minangkabau forment une societe matrilineaire, c'est-a-dire ou la femme est le chef de clan, le pivot de la famille et c'est a partir d'elle et de ses descendances feminines que s'organisent la vie familiale et la repartition des biens. Mais les traditions sont ici moins pregnantes comparees a celles du pays batak toba, et les maisons traditionnelles minang sont malheureusement rares dans le paysage; beaucoup ont ete detruites ou sont en ruine.

Dans la region de Bukittinggi, je suis restee quelques jours mais j'ai rapidement quitte cette ville et sa mosquee braillante pour aller a Maninjau.
Maninjau est aussi un lac de caldeira, aux eaux temperees -on se croirait dans son bain- et bordes de petits villages de pecheurs, souvent parsemes de belles maisons coloniales hollandaises. Maninjau, bourre de charme, remporte je crois ma preference.
Dans ce petit coin de montagne, les epices sont legion: girofle, cannelle, muscade sechent a meme le sol sur les nattes en paille de riz pendant 7 jours exactement. Le gingembre, l'encens, le myrrhe, les poivres blanc et noir et plus couramment le cafe, ou encore les feves de cacao garnissent aussi les nattes, formant d'inombrables carres colores sur les bords des chemins.
Et la encore, entre 2 phrases de bahasa, les conversations s'amorcent et on finit toujours par prendre un the, partager une tranche de pasteque ou un repas dans les familles.
Le sejour a Sumatra s'acheve ici, avec un je-ne-sais-quoi dans le coeur qui le rend lourd, et je m'envole directement pour Java, plus exactement pour Yogyakarta...
tristement celebre ces jours-ci entre le Merapi qui fume trop fort et le tremblement de terre devastateur.... Yogya est la capitale culturelle de Java, le theatre, la danse, la batik, les marionnettes Walang Kulit, ce theatre d'ombre base sur l'epopee du Ramayana, mais si! la fabuleuse histoire de rama qui aime la belle Sita et qui est ennuye par le mechant Rama.. c'est plus prosaiquement un moyen de preserver les valeurs heritees de l'hindouisme et du bouddhisme.

A Yogya, je visite non loin Borobudur, immense monument en basalte du 8e siecle, haut lieu du bouddhisme de l'Asie du Sud-Est, tout a la fois Temple Montagne stupa et mandala.
De nombreuses fresques de pierres reprenant la vie de bouddha et les preceptes du bouddhisme ornent tout le pourtour du 'temple'. Le monument est imposant, dans les gradins superieures, de nombreuses stupas enferment des figures de bouddha et sont percees de losange et de carres, respectivement symboles de l'equilibre et de la vie eternelle.

Apres Yogya, je prends doucement la route pour Bali en compagnie de deux francaises rencontrees a Yogya, Beatrice et Helene. La route va etre longue et elle passe par l'ascension matinale du volcan Gunung Bromo, 2329 m, un volcan actif au sein du massif de Tengger. Le Tengger est une gignatesque caldeira s'etirant sur une dizaine de kiloms, une vaste et plate mer de sable volcanique de laquelle emergent le Bromo, la Batok et le Kursi... Au loin, le Gunung Semeru un autre volcan plus imposant que la Bromo, emet regulierement des panaches de fumees epaisses. Les vues sur le massif du Tengger, entre son aspect desole, etrange dans la brume matinale et sur le mont Semuru, sont impressionnantes.
La route se poursuit avec les filles et on entame rapidement une autre ascension matinale, celle du Kawah Ijen, bien celebre pour ces porteurs de soufre qui charrient des blocs de soufre sur leurs epaules du fond du cratere jusqu'au camp de base ou les cargaisons sont pesees: environ 80 kg a chaque trajet de plus de 3 kiloms (5, 7?). On a chacune essaye de soulever les blocs: on n'a pas reussi a les decoler du sol de plus d'un centimetre!! Les gars transportent tout ca en tongs, dans des chemins pierreux et escarpes notamment quand il faut remonter du fond du cratere... et le plus souvent dans les vapeurs toxiques de soufre... Ils ne travaillent qu'un jour sur deux mais il faut savoir que leurs conditions de travail sont si difficiles qu'elles amputent de pas mal d'annees leur esperance de vie. Bref, c'est un autre age, c'est stupefiant! Et quand on demande pourquoi de telles pratiques perdurent dans de telles conditions, les reponses restent evasives... a mon avis, c'est pour des raisons bassement materielle, de fric quoi !

Apres le Kawah Ijen, on reprend cette fois une autre direction, un angle droit compare a ce qu'on vient de voir plus tot a Ijen... On prend la direction de Bali, qu'on atteint peniblement en soiree apres une apres-midi dans un bus a pedales surchauffe qu'on aura paye la peau des fesses! une arnaque de +....

Bali... l'ile des Dieux ...du tourisme, mais Bali reste Bali... Une ile a part en Indo, la ou les traditions hindouistes sont les plus pregnantes; normal, ca reste la principale religion sur l'ile mais ces traditions sont remarquables partout: dans les habitations ou il existe toujours plusieurs petits temples, pour les ancetres ou pour les ceremonies familiales, dans les offrandes quotidiennes aux dieux pour s'assurer leur protection, dans les multiples ceremonies ponctuees par les sons sourds du gamelan... Bali seduit justement. Une fois arrivees, on file directement a Ubud, ville d'art et d'artisanat. Effectivement, rapidement ce sont des kiloms de boutiques et d'ateliers en tout genre qui s'offrent a nous. Des ateliers de travail du bois, de la terre, de la pierre, de tissu, bref de tout !! Ubud est un centre d'artisanat et d'art repute; malgre l'aspect commercial, ca reste une bonne introduction a Bali je dois dire. De la, il y a de superbes balades a faire dans les rizieres ou on est rapidement pris dans l'ambiance balinaise: serenite et puis une incroyable grace dans les gestes des balinais, dans leur attitude... Une seduction a l'etat pur ! Et puis Ubud permet d'apprecier toute la finesse balinaise, que ce soit dans la danse traditionnelle (kecak,...), le theatre ou les miniatures peintes, scenes champetres ou illustrations du Ramayana.
Le sejour a Bali est bref. A Kuta, ou je ne voulais pourtant pas y poser une seule tong, je retrouve Gary le brit au durian, venu en Indo pour le surf et pour decouvrir Nusa Tenggara. On fera ainsi cette partie de voyage ensemble mais avant cela, je dois filer a Singapour pour renouveler ...mon visa !! Une escapade de luxe: un aller-retour de 2 jours dont un jour complet a visiter Singapour... ville moderne et cosmo, un concentre de buildings en pleine croissance. J'aimerais bien y revenir.... Mais place a la rusticite MAJUSCULE maintenant !!

Les iles de la Sonde, ou Nusa Tenggara, font partie d'un ensemble d'iles a l'est de l'Indo parmi les plus seches et aussi les plus pauvres du pays. L'agriculture de subsistance est predominante et la culture du mais supplante souvent celle du riz qui reste confine dans les bassins irrigues. Les montagnes sont cette fois ci plus pelees et recouverte d'herbes hautes, formant un bel et epais manteau de velours ocre irrise qui donne a cette partie d'Indo un air de savane et de pampa qui tranche singulierement avec les montagnes verdoyantes et humides de Sumatra.

Flores... nommee 'capo dos flores' par les portugais au debut du 16e s., n'est ni un cap ni une ile de fleurs, mais elle merite l'hyperbole pour sa beaute.
Flores est une ile catholique dans sa majorite mais il n'est rare de voir poindre le bulbe d'une mosquee a l'horizon. Ici la diversite des groupes ethniques et de langues est forte, les cultures traditionnelles et les pratiques animistes sont encore presentes et vivaces.
Notre point d'entree de Flores est sa capitale, Maumere... Maumere a subi un tremblement de terre en 1992 qui a fait des milliers de victimes et detruit une partie de la ville. Aujourd'hui, et beaucoup d'annees plus tard, la ville garde un aspect desole, une sorte de Beyrouth d'Asie du Sud-Est, de ville sans vie surprenant et glacial. J'abrege.....
A Flores, la rusticite atteint son paroxisme: le relief plutot accidente de l'ile auquel s'ajoute le mauvais etat du reseau routier tout cela rend les transports difficiles et tres-tres-tres longs !!! J'ai appris en Asie a oublier les kiloms et a ne plus compter les heures. L'expression "Jam Karet" ou "temps elastique" prend ici tout son sens; le temps est en quelque sorte tombe de son echelle et il n'est pas rare de passer 5 a 6 heures dans un bus pour ne parcourir que 50 miserables kilometres ! tout cela en compagnie de locaux chargeant et dechargeant alternativement des chevres, des noix de coco, des jerricanes, des sacs de riz de 70 kg, des poulets, des cochons ou encore des regimes de bananes. On parcourt comme ca les routes de Flores, traversant et s'arretant un temps dans les pays Lio et Endenese autour d'Ende et des 3 crateres colores du celebre volcan Kelimutu, dans le pays Ngada autour de Bajawa. On se pose un temps pour visiter les villages traditionnels au centre desquels tronent des megalithes, des edifices ceremoniaux, des ngadhu et bhaga, representations masculine et feminine de la protection des ancetres et symbolisant la fertilite. Les traditions sont fortes et preservees et au sein d'un meme village, chaque clan a son propre ngadhu et bhaga...

Et puis que serait Flores sans ses fameux ikats ? ces etoffes de cotons tisses, dont les motifs et les couleurs different d'un pays (region) a l'autre mais avec un motif constant, qui reprend la forme d'un 'patola', un cadre hexagonal et une etoile. A Flores, la tradition veut que la femme soit epousable uniquement si elle a appris a tisser un ikat...

Le sejour a Flores prend fin a l'extreme ouest de l'ile et du pays Manggarai, a Labuanbajo exactement, un village de pecheurs avec une baie magnifique, parsemee de petits ilots dont certains sont extraordinaires par la richesse de la faune et de la flore aquatique: les coraux sont globalement bien preserves ici.

De Labuanbajo, on embarque en bateau pour Lombok en compagnie de 2 hollandais rencontres plus tot sur les routes de Flores. On charterise le bateau avec eux. Commence alors un periple de 4 jours et 3 nuits dont la gamme des superlatifs ne suffirait pas a decrire. Un reve... parfois rompu par le bruit petaradant du moteur, mais bon, un reve quand meme !! Extraordinaire, magnifique... le plus beau moment de mon voyage actuellement ...
On s'arretera plusieurs fois sur de petits ilots paradisiaques, occas de gouter encore a la vie aquatique, superbe, et puis aussi sur les iles de Rinca et Komodo, reputees pour les fameux dragons. Des varans pouvant atteindre plus de 3 metres de longueur et peser plus de 100 kg. Et puisqu'ils peuvent aisement devorer des chevres et des bufles, autant ne pas se trouver sur leur chemins a l'heure du dejeuner...
J'abrege, j'abrege... on s'arretera aussi sur Pulau Medang, au large de Sumbawa, l'ile du capitaine du bateau, et qui ne doit pas voir souvent debarquer des touristes car on est regarde ici comme des martiens. Et comme de surcroit, il y a ce jour la la preparation d'un mariage... bref, nous voila embarque dans une fete incroyable, a etre invite partout !!
Apres notre arrivee a Lombok, on fera encore du chemin avec les 2 hollandais jusqu'aux iles Gili, un endroit parfait pour lezarder, avant de rejoindre Bali pour quelques jours de surf et de body-board.

Et voila. Fini l'Asie !! 5 mois... Oh la la, c'est dur de partir...
Ca n'a pas ete Alice au pays des merveilles tous les jours mais j'ai adore, j'adorerais y revenir.

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